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Plongée par la fée dans un long sommeil, la princesse attend le baiser libérateur du prince charmant… De Perrault à Disney, ce conte a bercé des générations de petites filles et a fini par s’inscrire irrémédiablement dans notre inconscient collectif. L’art y fait aujourd’hui référence avec l’installation Un Jour… de Mélanie Terrier.
Sur un guéridon, un coffret entrouvert. À l’intérieur, une ouverture circulaire. Au fond, un petit écran vidéo. Dans l’obscurité de la boîte, filmée en plongée une jeune femme tourne sur elle-même et nous regarde. Une mélodie s’échappe, on discerne les paroles : « Un jour, mon prince viendra… ». Le personnage se démultiplie, l’écran s’emplit peu à peu de jeunes femmes hantées par cette même attente : « Un jour, mon prince viendra… ». Subtilement, certaines tournent dans l’autre sens, les paroles passent à l’envers, créant un chant étrange, envoûtant et inquiétant. Disparition successive des personnages. Le petit écran redevient noir et silencieux… puis le manège redémarre, sempiternellement.
Cette installation illustre parfaitement le travail de Mélanie Terrier : la femme comme sujet, qu’elle incarne elle-même, le noir et le blanc comme couleurs, comme décor, le moment suspendu… Dans cette parenthèse d’espace et de temps, l’artiste interroge notre mémoire et notre imaginaire. Plus que dans le surréalisme, cette jeune artiste marseillaise inscrit son geste dans une sorte de romantisme onirique et nostalgique. La forme des supports joue aussi un rôle important : images rondes ou ovales, projections sur écrans circulaires, la beauté du cadre participe aussi de l’harmonie d’ensemble. La boucle, celle des cheveux, de la musique ou du cadre, s’inscrit alors en filigrane dans un processus de re-création d’un temps immémorial que l’on regrette sans l’avoir vraiment connu. Plus que des formes, l’art créé ici du rêve.
Couvertures..
Nas/im
Journal culturel Ventilo n°217
mars 2008
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